Champagne et effervescents vegan : collage, dosage et liqueur d’expédition
Un vin vegan ne contient pas nécessairement un ingrédient d’origine animale, mais cette définition ne suffit pas à décrire toutes les étapes de son élaboration. Dans...
06/09/2025
Les jeunes adultes d’aujourd’hui, nés entre le début des années 1980 et la fin des années 2010, montrent une attention accrue à l’impact éthique de leurs actes de consommation. Plusieurs études le soulignent : 73 % des 18-34 ans en France considèrent les valeurs sociales, environnementales ou animales d’une marque dans leur choix de produits alimentaires (source : Kantar).
La certification vegan, encore anecdotique il y a dix ans, entre ainsi dans les pratiques de nombreux vignerons sensibles à cette nouvelle clientèle.
À l’heure du réchauffement climatique et de l’effondrement de la biodiversité, l’écologie est devenue un sujet central chez les 18-35 ans. Selon une étude publiée par l’Ifop en 2023, 76 % des moins de 35 ans disent avoir modifié leurs habitudes alimentaires pour des raisons écologiques (Ifop).
La montée du véganisme ne concerne pas seulement les aliments “solides”. En France, 6 % des moins de 24 ans sont végétariens ou vegans selon l’Ifop (2023), mais plusieurs fois plus nombreux sont ceux qui réduisent volontairement leur consommation de produits animaux. Boire du vin vegan s’intègre alors très naturellement dans cette dynamique.
Impossible de parler des nouvelles tendances de consommation sans évoquer le rôle clé des réseaux sociaux. Instagram, TikTok et YouTube couplent esthétique et pédagogie pour démocratiser en quelques stories les notions de collage végétal, d’agriculture raisonnée et d’étiquetage vegan.
Le prix a longtemps pu être un frein pour adopter des produits engagés, et l’image du vin vegan reste parfois associée à un segment premium, car la labellisation a un coût. Cependant, l’offre s’élargit depuis 2022 : on trouve désormais des vins vegan dès 6 à 7 euros en grande distribution, tandis que certains domaines prestigieux (ex : Château Galoupet, Saint-Émilion grand cru certifié vegan sur ses rosés, voir CIVB) démocratisent ce positionnement.
Le vin vegan n’est pas sans faire face à des obstacles : manque d’informations chez le caviste, absence d’un grand label unique, préjugés sur le manque de “typicité” du goût (alors que rien ne le prouve, comme le rappelle une étude menée sur 9 cuvées rouges par l’INRA en 2021). Mais le mouvement bénéficie de deux dynamiques structurantes :
La Maison Albert Bichot, un des plus grands négociants bourguignons, propose désormais plusieurs cuvées vegan dès son millésime 2022, preuve que, loin d’être un simple effet de mode, la vague vegan transforme la viticulture de façon durable (Vitisphère).
Si les vins vegan restent aujourd’hui minoritaires – les estimations avancent entre 4 et 5 % des bouteilles commercialisées en France en 2023 (source : SudVinBio) –, leur croissance à deux chiffres laisse peu de doute sur leur futur. Les jeunes générations, par leur puissance de prescription et leur engagement, façonnent ainsi une nouvelle normalité pour le monde viticole. Plus qu’un simple effet de mode, l’attrait pour le vin vegan est donc le symptôme d’une évolution de la société elle-même, où le plaisir de boire s’allie à l’éthique et à l’écologie, sans rien sacrifier à la recherche du goût.