Champagne et effervescents vegan : collage, dosage et liqueur d’expédition
Un vin vegan ne contient pas nécessairement un ingrédient d’origine animale, mais cette définition ne suffit pas à décrire toutes les étapes de son élaboration. Dans...
15/12/2025
La présence insoupçonnée de produits d’origine animale dans la production du vin continue de surprendre. Albumine d’œuf, colle de poisson (ichtyocolle), caséine laitière ou gélatine de porc servent encore, aujourd’hui, à clarifier les vins traditionnels. Or, même si la proportion de vins élaborés sans aucun ingrédient animal progresse, il reste difficile pour les consommateurs de s’y retrouver. Un label vegan s’impose donc comme une boussole fiable, que l’on soit végétalien convaincu, intolérant, ou simplement soucieux de cohérence éthique et écologique.
Malgré la dynamique, la part des vins certifiés vegan demeure marginale : selon Vegan France Interpro, moins de 5 % du vignoble français se revendique aujourd’hui vegan (source : Vegan France, 2024). Pourtant, la demande, elle, ne cesse de croître, avec une progression de 20 % par an des recherches “vin vegan” sur Google en Europe ces trois dernières années (source : Google Trends, Analyse 2021-2024).
Beaucoup pensent encore à tort qu’un vin bio ou nature est forcément vegan. Or, il existe de subtiles différences :
Ainsi, il n’est pas rare de trouver des vins certifiés à la fois vegan et bio, mais l’un ne sous-entend pas nécessairement l’autre.
Fondée en 1944, la Vegan Society britannique est la pionnière du genre. Son logo “Vegan Trademark” est aujourd’hui reconnu dans plus de 80 pays. Pour qu’un vin bénéficie de ce label, il doit exclure tout sous-produit animal, y compris au stade du collage du vin (où la bentonite remplace traditionnellement l’ichtyocolle ou la gélatine).
Près de 2 400 produits, dont plusieurs centaines de vins, arborent déjà ce logo en Europe (The Vegan Society).
Très répandu en Italie, le label VeganOK couvre également des vins espagnols, allemands et français. L’association contrôle non seulement la vinification, mais aussi les matières accessoires (colles d’étiquettes, capsules, encres…).
Depuis 2010, VeganOK a certifié plus de 14 000 produits alimentaires, dont de nombreux vins des régions du Chianti, de la Vénétie ou encore du Languedoc (VeganOK).
Le V-Label, géré par l’Union Végétarienne Européenne (EU-Veg), est l’un des logos vegan/veggie les plus diffusés sur le continent, principalement dans l’agroalimentaire. Pour le vin, V-Label exige la traçabilité complète des auxiliaires technologiques et la transparence de tous les ingrédients.
En 2024, plus de 1 700 références de vins et spiritueux étaient enregistrées sous V-Label (V-Label).
Lancé en 2016, EVE Vegan est un organisme de certification indépendant, spécialement conçu pour les filières alimentaires et cosmétiques. Son “label vert” s’étend rapidement dans les caves françaises.
Un label vegan ne s’obtient pas “par défaut”. Au contraire, il implique une traçabilité stricte et la révision, parfois coûteuse, des pratiques œnologiques. Les points de contrôle sont nombreux :
En 2023, la Fédération française des vins d’apéritif estimait que moins de 200 domaines étaient certifiés vegan en France, la majorité dans le Bordelais et la Vallée du Rhône (source : Fédération française des vins d’apéritif – ffva.com).
C’est souvent à l’étape du collage que la distinction vegan se joue. Traditionnellement, le vigneron utilise des composés d’origine animale pour faire floculer les particules en suspension ; or, des alternatives existent :
D’après L’Institut français de la vigne et du vin, près de 40 % des caves coopératives françaises utilisent déjà la bentonite sur au moins une cuvée (source : IFV, “Les alternatives au collage traditionnel”, 2023). Mais sans labellisation, impossible de le garantir au consommateur.
En France, la mention “vegan” n’est ni réglementée ni obligatoire ; c’est la présence d’un label clairement visible sur la bouteille ou sur la fiche produit qui vous apportera la garantie recherchée.
Certaines plateformes spécialisées, comme “Maisons Vegan” ou “Vegan Wines Europe”, affichent clairement les labels et tests de certification en ligne, ce qui simplifie la sélection.
La montée en puissance de la demande vegan ne concerne plus seulement les initiés. Selon une étude Nielsen de 2022, 19 % des consommateurs européens de vin se disent prêts à payer plus cher pour une garantie vegan (source : Nielsen). C’est davantage qu’il y a cinq ans, et cette tendance favorise la transparence.
Outre les vegans stricts (2 à 4 % de la population selon l’INSEE), de plus en plus d’amateurs flexitariens ou soucieux de bien-être animal s’informent et composent leurs achats en fonction de ces labels. Aujourd’hui, plus de 12 filières viticoles européennes disposent d’au moins un référentiel vegan reconnu.
Ce n’est donc pas un effet de mode, mais une mutation profonde qui s’amorce dans la relation au produit, à la terre et à la chaîne alimentaire.