Champagne et effervescents vegan : collage, dosage et liqueur d’expédition
Un vin vegan ne contient pas nécessairement un ingrédient d’origine animale, mais cette définition ne suffit pas à décrire toutes les étapes de son élaboration. Dans...
24/12/2025
Presque tout le monde a déjà vu la petite feuille verte et jaune apposée sur de nombreux produits alimentaires en Europe, parfois même sur une bouteille de vin : il s’agit du V-Label. Créé en 1996 par l’Union végétarienne européenne, ce label privé vise à indiquer qu’un produit est végétarien ou vegan, selon sa déclinaison. Mais qu’en est-il lorsqu’il s’agit de vin, un produit où l’origine des intrants et procédés de fabrication est rarement transparente ?
L’intérêt du V-Label a explosé dans les rayons de supermarchés pour les produits transformés. Selon le site officiel du label, on trouve actuellement plus de 50 000 produits certifiés V-Label dans plus de 30 pays européens (V-Label.eu). Mais concernant les vins, la progression est lente et seules quelques centaines de cuvées arborent ce sceau.
Pour obtenir le V-Label Vegan, un vin doit répondre à des critères précis, surveillés par des organismes indépendants accrédités. Mais quels sont-ils exactement ?
Ce cahier des charges est donc plus restrictif que la réglementation européenne classique en matière d’étiquetage, qui ne rend toujours pas l’indication des additifs ou des supports de collage obligatoire (Que Choisir, 2022).
Le V-Label a longtemps fait l’objet de soupçons de greenwashing, d’autant que la certification s’effectue sur la base de déclarations écrites, complétée, dans certains cas, d’analyses en laboratoire. La force du label réside dans la traçabilité des intrants, mais il n’est pas à l’abri d’erreurs humaines ni de fraudes volontaires de la part de certains fournisseurs de matières premières.
Les associations vegan, à l’image de Vegan France Interpro, estiment cependant que le V-Label demeure à ce jour le référentiel le plus lisible pour le consommateur, celui qui propose l’encadrement le plus clair pour les domaines désirant s’engager.
Par rapport à ces alternatives, le V-Label s’affiche comme le référentiel paneuropéen le plus présent et le plus harmonisé, bien qu’il ne soit pas exempt de critiques, principalement sur la fréquence des audits terrain.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la certification V-Label n’est pas réservée aux vins issus de l’agriculture biologique ou naturelle. Un vin conventionnel peut obtenir la mention, dès lors que l’ensemble du processus respecte l’exclusion des substances d’origine animale. Alors pourquoi le label n’est-il pas plus répandu ?
On estime aujourd’hui à moins de 1% la proportion de vins certifiés vegan, tous labels confondus, disponible sur le marché européen (Nielsen, 2023).
Même accompagné d’un cahier des charges strict, le V-Label ne garantit pas la perfection du processus. Voici quelques points à garder en tête :
Une enquête menée en 2022 par le CRÉDOC révèle d’ailleurs que plus d’un consommateur sur deux, associant à tort veganisme et naturalité, pense que les vins vegan ne contiennent aucun intrant, ni additif. Or, ce n’est pas le cas.
Le V-Label rassure, notamment pour les consommateurs soucieux d’éviter les traces résiduelles d’origine animale, mais ne remplace jamais le dialogue avec le vigneron, l’étude attentive de la fiche technique, ou la vérification des pratiques du domaine. Voici quelques conseils pratiques :
Dans le paysage encore balbutiant des vins vegan, le V-Label demeure un marqueur de sérieux, à défaut d’être une garantie absolue. Sa notoriété grandit, incitant de plus en plus de domaines à clarifier leurs procédés de vinification, voire à revoir certains gestes historiques pour répondre aux attentes éthiques d’une nouvelle génération de consommateurs.
Si sa fiabilité n’est pas totale — comme c’est malheureusement le cas pour la plupart des certifications alimentaires — son existence a eu le mérite de rendre visible, en quelques années à peine, l’enjeu du collage et de la filtration d’origine animale dans le vin. Ce n’est pas la solution miracle, mais c’est une avancée précieuse, qui continuera à évoluer à mesure que la filière se structure et s’ouvre à la transparence.
L’avenir des vins vegan passera sans nul doute par plus d’informations, plus d’audits, et l’implication croissante des vignerons eux-mêmes. Quant au V-Label, on ne peut que lui souhaiter de rester exigeant et d’affiner sans cesse ses critères, pour servir de boussole à celles et ceux qui font le choix de boire autrement.