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Label Vegan Society et vin : quelles véritables garanties dans votre verre ?

21/12/2025

Qu’est-ce que le label Vegan Society ?

Prisé sur bien des produits aujourd’hui – alimentation, cosmétiques, chaussures, et, depuis quelques années, sur les bouteilles de vin – le label Vegan Society fait figure de référence mondiale en matière de véganisme. Fondée en 1944 au Royaume-Uni, l’association à l’origine de ce label est la première à avoir défini le terme même “vegan”. Son emblème, le célèbre “Tournesol” jaune, s’affiche actuellement sur plus de 65 000 références à travers le monde (source : Vegan Society).

Mais un label universel peut-il garantir, partout et pour tous les produits, un même niveau d’exigence ? Quelle réalité concrète recouvre-t-il dans le cas très particulier du vin ? D’autant que la filière viticole a ses propres pratiques, souvent peu connues du grand public.

Le vin, un produit pas toujours vegan : pourquoi ?

À l’inverse de ce que l’on pourrait croire, un vin n’est pas automatiquement vegan. La vigne, certes, produit des raisins. Mais c’est tout le processus de vinification qui pose question. Pour clarifier le vin, le stabiliser ou le filtrer, la tradition viticole emploie encore fréquemment des substances d’origine animale, notamment :

  • Blanc d’œuf (ovalbumine) pour la clarification des vins rouges haut de gamme
  • Caséine, extraite du lait, pour stabiliser la couleur et limiter l’oxydation
  • Gélatine (issue de porc ou de poisson) pour éliminer les particules en suspension
  • Colle de poisson (ichtyocolle), particulièrement dans les vins blancs

En France, une enquête de L214 (2021) révèle que sur 85 vignerons interrogés, 50% utilisent encore au moins un auxiliaire animal. Une réalité confirmée à travers l’Europe par la Wine and Spirit Trade Association. Pourtant, rien n’oblige le vigneron à indiquer cette information sur l’étiquette : seuls les allergènes majeurs comme l’œuf et le lait sont signalés. D’où l’importance, croissante, d’une certification claire pour les consommateurs en quête de vins réellement vegan.

Les critères du label Vegan Society appliqués au vin

Le cahier des charges du label Vegan Society est simple et, à la fois, d’une rigueur qui mérite d’être détaillée :

  • Aucun ingrédient d’origine animale ne doit être utilisé à quelque étape de la production – ni dans le produit fini, ni durant la vinification.
  • Aucune expérimentation animale en lien avec la formulation ou la production.
  • Contrôle des ingrédients annexes (colles, additifs, agents de clarification, bouchons, étiquettes, colles d’emballage...)

En ce qui concerne le vin spécifiquement, cela signifie :

  1. Interdiction stricte de tout auxiliaire animal pour la clarification, le collage ou la filtration. Seuls sont tolérés la bentonite (argile naturelle), la protéine de pois, la pomme de terre ou encore de blé, tous d’origine végétale ou minérale.
  2. Vigilance sur les adjuvants indirects : le papier de l’étiquette ne doit pas contenir de colle animale, et le bouchon doit être exempt de cire d’abeille ou de liant animal.
  3. Examen des produits de nettoyage des cuves et équipements, qui doivent aussi être conformes, bien que ce point soit plus rarement problématique.

L’ensemble est garanti par une procédure d’audit documentaire reposant sur la traçabilité des matières premières, des attestations fournisseurs et, depuis 2019, des contrôles aléatoires in situ dans certains pays.

Label Vegan Society : contrôle, limites et différences avec d’autres certifications

Comment se passe la certification concrètement ?

Pour obtenir le droit d’afficher le tournesol Vegan Society, un domaine doit :

  • Fournir la liste complète de tous les ingrédients et produits employés tout au long du process.
  • Présenter des fiches techniques des auxiliaires de vinification (collage, clarification, adjuvants, etc.).
  • Joindre les attestations des fournisseurs prouvant l’absence d’ingrédients animaux.
  • Autoriser, en cas de doute, la réalisation d’audits sur site.
C’est un système de contrôle documentaire, qui se renforce par la réputation de la Vegan Society – mais, en l’état actuel, il ne ressemble pas tout à fait à une certification bio (avec visites fréquentes sur place) ou à un AOP (Appellation d’Origine Protégée).

Ce que le label ne garantit pas (encore)

Le label Vegan Society veille à l’absence d’ingrédients animaux, mais il n’inclut pas nécessairement :

  • Le respect des normes bio (usage de pesticides chimiques possible, sauf si la cuvée cumule les deux certifications).
  • L’absence d’OGM (le label n’interdit pas explicitement les levures issues de biotechnologies, même si c’est rare en viticulture).
  • La question du commerce équitable ou des conditions sociales de production.

C’est donc un label exigeant… mais spécifique. Pour boire un vin vegan, bio, et (si souhaité) équitable, il faut rechercher la combinaison de plusieurs certifications – une tendance de plus en plus fréquente, tant chez les vignerons militants que chez les grands groupes (source : Wine Intelligence, rapport 2023).

Quelques chiffres et anecdotes

  • En 2022, on recensait plus de 320 domaines certifiés Vegan Society dans le monde, dont 110 en France (source : Vegan Society Annual Report 2022).
  • La demande est en croissance à deux chiffres : +17% de vins “vegan certified” exportés de France vers le Royaume-Uni en 2023 (source : Business France).
  • La plupart des grands distributeurs au Royaume-Uni (Waitrose, Sainsbury’s, Marks & Spencer) exigent désormais ce label ou un équivalent pour référencer de nouveaux vins en rayon vegan.

En 2018, le domaine Gerard Bertrand signait la première cuvée française exportée aux USA avec le label Vegan Society, inaugurant une dynamique nationale qui s’est accélérée depuis.

Comment reconnaître un vin labellisé Vegan Society ?

C’est un point qui mérite attention : en France, la réglementation ne requiert pas l’apposition du label sur la bouteille. Pourtant, si un vigneron ou une maison possède la licence Vegan Society, il affiche le tournesol jaune facilement repérable. Quelques conseils pour s’y retrouver :

  • Chercher le logo officiel (jaune et vert, avec le mot “Vegan” et des pétales de tournesol) sur l’étiquette principale ou la contre-étiquette.
  • Vérifier sur le site de la Vegan Society Trademark : la base de données des produits certifiés est publique.
  • Privilégier, le cas échéant, les vins étrangers (Royaume-Uni, Afrique du Sud, Allemagne) où la mention vegan, et la certification, sont davantage mises en avant.

Attention : certaines bouteilles affichent simplement la mention “vegan” sans logo officiel. Il peut s’agir d’une démarche d’auto-déclaration (nullement contrôlée) ou d’un autre label (EVE Vegan, V-Label Suisse, etc.). Le label Vegan Society reste le plus reconnu, du moins à l’international.

Le label Vegan Society : une avancée mais pas l’alpha et l’oméga du vin responsable

Le label Vegan Society remplit un rôle crucial : celui de rendre visibles des pratiques encore marginalisées en France, et de donner des repères fiables aux consommateurs. Il contribue à la transparence dans un univers (la vinification) longtemps marqué par le flou, voire les non-dits.

Pour autant, ce label n’est pas synonyme de vin bio ou naturel, ni d’engagement éthique au sens large. Il répond à une exigence précise : bannir toute trace animale, du vignoble à la bouteille. Cette approche cible une question claire – celle de la place de l’animal dans la production – sans étendre le cahier des charges aux enjeux écologiques ou sociaux. Pour celles et ceux qui souhaitent allier plaisir du vin, respect du vivant, et cohérence avec leurs valeurs, il reste nécessaire de s’informer et d’apprendre à croiser les labels, en fonction de ses propres critères.

À mesure que la demande augmente et que les pratiques évoluent, la question des garanties offertes par la Vegan Society ne cesse de gagner en importance… Encourager sa transparence, militer pour une meilleure lisibilité en France et accompagner la montée en gamme du secteur sont autant de défis stimulants pour les prochaines années.

Sources principales : Vegan Society, L214, Wine Intelligence, Wine & Spirit Trade Association, Business France.

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