Champagne et effervescents vegan : collage, dosage et liqueur d’expédition
Un vin vegan ne contient pas nécessairement un ingrédient d’origine animale, mais cette définition ne suffit pas à décrire toutes les étapes de son élaboration. Dans...
24/06/2025
Sous l’impulsion grandissante de la consommation responsable, les rayons des cavistes et les cartes des restaurants s’ouvrent à des vins aux mentions inédites : "vegan", "naturel". Ces deux "labels" sont souvent associés ou confondus, alors qu’ils désignent des démarches distinctes, qui influencent différemment l’expérience de dégustation.
Un vin naturel vise à réduire au maximum l’intervention humaine et chimique dans le processus de vinification : on n’ajoute pas de levures industrielles, très peu ou pas de sulfites, on ne corrige pas le goût ou la couleur. Le but, c’est que le vin raconte au mieux son terroir, son millésime et le travail du vigneron, en toute transparence.
Un vin vegan, de son côté, est un vin garanti sans aucune intervention d’origine animale. Traditionnellement, le vin est filtré ou "collé" avec des protéines animales (blanc d’œuf, gélatine, caséine, colle de poisson…), pour le clarifier. Un vin vegan n’utilisera que des alternatives végétales (protéines de pois, de pommes de terre, argile, charbon…).
La confusion vient du fait qu’un vin naturel est souvent par nature vegan… mais pas toujours, et inversement : un vin vegan peut être conventionnel, bio ou naturel.
Autant le dire d’emblée : aucun test indépendant n’a permis, à ce jour, de distinguer à l’aveugle, de façon systématique, un vin vegan d’un vin filtré avec des produits animaux (La Revue du Vin de France). Mais certains points précis peuvent influer sur la perception en bouche.
Le principal "effet", selon nombre de professionnels interviewés par ou , c’est donc la préservation d’un certain relief, d’une vinosité qui se rapproche d’un vin moins transformé.
Si le vin vegan ressemble, en bouche, à son équivalent conventionnel bien fait, un vin naturel, lui, peut étonner beaucoup plus. Plusieurs raisons concrètes expliquent ce phénomène :
Selon une enquête menée par Vin-naturel.fr, 80 % des consommateurs notent une différence immédiate en bouche entre un vin naturel et un vin conventionnel, tandis que ce chiffre tombe à moins de 15 % pour un vin vegan (hors effet d’étiquette).
Pour y voir plus clair, de nombreux sommeliers ont tenté de comparer deux bouteilles identiques : la première clarifiée classiquement (protéines animales), la seconde selon un procédé vegan. La plupart ont peiné à faire la différence, en dehors parfois d’une bouche légèrement plus texturée, moins "standard" sur la version vegan (Le Monde, 2019). Quelques anecdotes évoquent même une préférence du public pour le vin vegan lors de dégustations à l’aveugle, car il paraît plus "vivant", moins neutre ou aseptisé.
À l’inverse, face à des vins naturels, nombre de dégustateurs sont parfois déboussolés : un rapport de l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin) estime que 1 personne sur 4 n’apprécie pas le vin naturel au premier verre, du fait de goûts inhabituels, ou de flaveurs perçues comme des défauts (oxydation, effervescence non désirée). Toutefois, le même rapport indique que la curiosité l’emporte souvent : les ventes de vin naturel sont passées de moins de 1 % du marché français en 2010, à près de 4 % en 2022 (source : IWSR Drinks Market Analysis).
Au cœur du débat entre goût d’un vin vegan ou naturel, il y a aussi la subjectivité : la part de mémoire, d’exemples, l’ouverture à une découverte sensorielle hors des codes. Les professionnels insistent pourtant : la différence ne se situe pas tant sur la palette aromatique pure, que sur l’émotion, la surprise, et le discours derrière la bouteille.
Par conséquent, si le goût pur est votre boussole, peu de chances d’être "bousculé" avec un vin vegan. Les plus aventureux, eux, trouveront dans le vin naturel une palette bien plus "hors norme"… mais potentiellement, aussi, quelques faux-pas.
La différence entre vin vegan et vin naturel ne se trouve pas seulement dans le verre. Elle réside dans le geste du vigneron, dans la sensibilité du consommateur,… et dans l’évolution culturelle du vin en France et ailleurs. Depuis 2020, les grandes maisons françaises – de Bordeaux à la Champagne – commencent à expérimenter la clarification 100 % végétale : Château Dauzac, par exemple, propose maintenant un grand cru vegan (Source : ). Ces choix ne bouleversent pas l’identité des crus connus, mais témoignent d’une volonté d’avancer dans l’inclusion et la diversité des approches.
De plus en plus de consommateurs cherchent un vin qui allie plaisir, respect de la planète, et clarté éthique. La promesse du vin vegan : préserver la tradition, sans les produits animaux. Celle du vin naturel : retrouver la "sauvagerie" du goût, sortir des cadres. Les deux se rejoignent sur un point : ils invitent à questionner nos habitudes, ouvrir nos horizons, et peut-être, à s’étonner à chaque dégustation.