Champagne et effervescents vegan : collage, dosage et liqueur d’expédition
Un vin vegan ne contient pas nécessairement un ingrédient d’origine animale, mais cette définition ne suffit pas à décrire toutes les étapes de son élaboration. Dans...
15/09/2025
Avant de détailler les alternatives vegan, il est utile de rappeler la fonction du collage. Le vin, en sortie de fermentation, contient des particules en suspension : lies, protéines, tanins, résidus de levures. Le collage consiste à ajouter une substance (l’agent de collage) capable de s’agglomérer avec ces particules afin qu’elles se déposent plus rapidement au fond de la cuve, rendant le vin limpide, brillant et parfois plus stable. Ce geste ne concerne pas uniquement l’esthétique : il influence texture, couleur, et parfois goût.
Traditionnellement, les caves utilisaient des produits d’origine animale :
Le problème : toute trace d’utilisation de ces substances prive le vin du statut vegan, même en l’absence de résidus analysables dans le produit fini (CIVC).
Sous la pression de demandes éthiques et de la recherche de solutions plus inclusives, le monde viticole s’est emparé de nouveaux produits, dont voici les principaux :
L’équipement technologique des caves offre aujourd’hui des solutions précises pour pallier les agents animaux. De nombreux maîtres de chai et œnologues s’accordent à dire que les alternatives végétales, utilisées avec discernement, n’ont aucun effet négatif sur la qualité du vin (Vitisphere).
Des dégustations à l’aveugle menées par l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) en 2021 n’ont mis en évidence aucun écart récurrent de qualité entre vins clarifiés avec des agents animaux et leurs équivalents vegan customisés.
En 2023, seulement 6 % des domaines viticoles en France affichaient une mention “vegan” sur leurs étiquettes (source : Franceinfo), loin derrière le bio ou le nature. Plusieurs facteurs expliquent cette adoption progressive :
Le marché est donc en pleine mutation : on recensait à l’échelle mondiale moins de 3 % de la production mondiale de vin certifiée vegan en 2022 (Decanter), mais la tendance est haussière, notamment chez les jeunes générations de vignerons et de consommateurs.
En l’absence d’une mention européenne obligatoire, l’identification des vins vegan passe souvent par un logo ou une mention “vegan”. Les labels reconnus incluent par exemple Vegan Society (UK) ou la certification EVE VEGAN (France), qui s’assurent que chaque étape de la vinification soit exempte d’intrants animaux (Expertise Vegan).
Certaines maisons, en bio ou en vin nature, font le choix de ne recourir à aucun agent de collage : un parti-pris puriste qui suppose une propreté impeccable du raisin et des conditions de cave ultra-maîtrisées. Le vin « non-collé » garde parfois un léger trouble, parfaitement naturel et sans risque sanitaire. Il n’est pas nécessairement vegan si d’autres intrants animaux sont utilisés ailleurs dans le processus, mais ces domaines sont souvent à la pointe de la transparence.
La montée en puissance du vignoble vegan ne se réduit pas à un simple effet de mode : elle accompagne un profond mouvement de fond du secteur vinicole vers plus d’inclusivité, de transparence et de respect du vivant. Pour les professionnels, il s’agit d’une occasion de repenser leur pratique – de la vigne à la bouteille – et d’ouvrir le vin à de nouveaux publics. Pour les consommateurs, la diversité des alternatives permet aujourd’hui de choisir un vin sans compromis sur le plaisir comme sur les convictions.
À chaque millésime, les solutions se perfectionnent : moins intrusives, plus écologiques, parfois issues de co-produits de l’agriculture. La créativité des œnologues rivalise avec l’exigence des amateurs. Voilà bien une révolution discrète, mais durable, qui mérite d’être célébrée, bouteille (vegan !) à la main.